ARTISTEQUENTIN TOURBEZ

Edouard Wolton

ARTISTEQUENTIN TOURBEZ
Edouard Wolton

Édouard Wolton

La minéralogie est une science mathématique qui atteste d’une grande finesse. Pourtant, les gemmes et leurs secrets animent toute une mythologie, des croyances médicinales et des cultes divers à travers le monde.

On aime étudier leur structure, de l’octogone à l’icosikaiheptagone, ces polygones à vingtsept côtés qui recèlent une merveilleuse source d’inspiration graphique. Puis on découvre leurs couleurs qui forment un véritable kaléidoscope de roches criblées de nuances irisées. Ce ballet de teintes géométriques éveille une fascination de l’homme pour le monde minéral qui ne date pas d’hier. Il s’agit d’un intérêt qui naît de l’immortalité des roches qui traversent le temps indépendamment de nos vies humaines. C’est le seuil de la réflexion artistique d’Édouard Wolton.

Une fois la porte franchie, on plonge dans un univers où le paysage devient le fil conducteur de ses œuvres. Les peindre, les comprendre, ou même les assembler de toute pièce : telle est l’obsession de l’artiste. Cette construction théorique se place dans la filiation des peintres classiques qui esquissent dans leurs ateliers des panoramas sortis d’un imaginaire commun. Par ailleurs, les peintures d’Édouard dénotent un caractère onirique. Celui-ci est dévoilé par un paysage parfait où un certain calme révèle une rationalisation déroutante des éléments.

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Si la géométrie de ses œuvres ne suffit pas à percevoir les lignes de fond, Édouard a prévu de laisser le spectateur se perdre dans un
corpus multiforme d’œuvres en tout genre. Même si la peinture reste son medium favori, il accroche aux murs des gravures, ainsi que des collages composés d’archives, et crée une sorte de cabinet de curiosités aux faux airs de carte d’identité. Ce rapport à la perfection dans l’espace naturel l’amène à s’intéresser aux roches et à leur composition minéralogique. Elles semblent être le point de fusion entre les paysages fantasmés que peint Édouard et la réalité minutieuse de la nature. Sa vision du paysage attire le regard sur l’envie intemporelle de l’homme de tout contrôler et de tout conquérir par la raison. 

C’est un thème que l’artiste a pu développer lors de son cheminement vers la peinture de paysages. Sur les routes délaissées de l’Aubrac, les terres d’origine de sa famille, il a aperçu des stations à essence abandonnées. Ces lieux sont emblématiques de la modification du paysage par l’homme et de l’exploitation de l’énergie. Comme une montée en gamme, il peint et étudie les terres conquises par les êtres humains, des paysages de mines de Decazeville à ceux du nord de la France. Comme pour consacrer ce travail, sa dernière exposition a eu lieu au Musée de Minéralogie des Mines de Paris. Pouvait-il espérer un milieu plus propice pour ses œuvres ?

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Photographies - Quentin

Texte - Quentin
 

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